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Sur la platine de Music On Hold

Music on Hold, c’est Emile Cartron-Eldin, activiste de la scène DIY parisienne et bon pote de Nathan Roche (Le Villejuif Underground), accompagné de Guillaume Dufour à la basse et de Ray Jane aux claviers. Signé sur le label Born Bad, le trio a sorti “30 Minutes of Music on Hold”, premier album qui dure donc (environ) une demi-heure et qui revisite dans une approche plaisamment lo-fi la pop, la new wave synthétique, voire l’italo disco. C’est léger, malin, un peu branque (on peut penser aux vétérans Gary Wilson ou R. Stevie Moore comme à pas mal de formations indie actuelles), et plein de petits gimmicks irrésistibles. On se doutait qu’en leur demandant ce qui tournait sur leur platine, on se retrouverait avec une playlist variée, éudite mais sans snobisme, et riche en surprises. Le résultat, où se croisent sans raison particulière Madonna et Throbbing Gristle (sous forte influence Kraftwerk), Alizée et Franco Battiato, est au-delà de nos espérances.


Mark Mothersbaugh – “Rugrats” Theme Song

« Mark Mothersbaugh, tête pensante de Devo, livre ici un des génériques télé les plus entêtants. Les harmonies de marimba que l’on entend sur ce titre ont été une inspiration forte durant l’enregistrement de notre album. »


The Spits – They Spit Me Out

« Un hit dans les soirées. De mémoire, je peine à me souvenir d’une fête où l’on a pas entendu ce morceau à un moment entre deux et six heures du matin, comme une étape obligatoire signant une sorte de point de non-retour. Entre personnes de bon goût, on écoutera l’album entier d’une traite, si ce n’est la discographie complète du groupe. »


Gina X Performance – No G.D.M.

« Un titre découvert il y a huit ans à Berlin, énormément écouté alors et depuis, le jour et surtout la nuit. La ligne de basse parfaitement kitsch a décidé d’emménager dans ma tête. »


Madonna – Burnin’ Up (7 » Version)

« Ce morceau de Madonna permet de comprendre son immense succès pour qui ne l’a pas vécu à l’époque (j’en suis). Un mélange d’énergie primesautière et de production millimétrée quoique pas stérile pour autant. Les amateurs de rock peuvent également se jeter sur la version démo enregistrée par Stephen Bray quelques mois plus tôt. »


E-Type – Me No Want Miseria

« Ce titre clôt le premier album d’E-Type, “Made in Sweden”, qui occupe une place particulière dans mon panthéon de la dance music. C’est un gloubiboulga somme toute assez digeste de pop électronique et d’emprunts décomplexés à des références culturelles européennes. En témoigne ce thème central joué par une émulation de biniou. »


Alizée – J’en ai marre

« Le binôme de production Laurent Boutonnat/Mylène Farmer n’est jamais plus efficace que lorsqu’il se projette sur un tiers. Un de mes morceaux favoris, probablement parce que les arrangements de cordes m’évoquent systématiquement la reprise de “Baby I Love You” sur le cinquième album studio des Ramones, produit par Phil Spector [“End of the Century”, 1979]. »


Franco Battiato – Summer on a Solitary Beach

« Grande pop , mélange d’opéra, de new wave, d’italo disco, de rock – on ne sait plus trop –, mais ce qu’on en retient surtout, c’est la beauté des mélodies et l’intelligence de leurs entremêlements. »


Taxi Girl – Aussi belle qu’une balle (12 » version)

« L’un des premiers titres où l’on sent poindre les capacités de producteur de Mirwais, tout particulièrement dans cette version longue. Tout le monde aime Taxi Girl, mais là c’est différent : c’est un morceau en patte d’oie, ou l’on sent que des directions différentes vont être prises. »


Seppuku – The Office

« Pratique pour enchaîner après Taxi Girl [“Seppuku” est le titre de leur unique album, NDLR]. C’est le deuxième single de ce groupe marseillais, quelque part entre dream pop (quel vilain mot) et shoegaze. C’est joué, enregistré, mixé et tourné par des potes, ce qui ne gâche rien. »


Murman Tsuladze – Abreshumi

« Un trio franco-géorgien qui fonctionne à la grosse énergie, avec une belle dose de décadanse qui plaît facilement à l’occidental qui fantasme sur les anciennes républiques d’URSS (ainsi qu’aux autres). »


Wire – The 15th

« Issu de l’album “154”, que j’ai découvert récemment. Sorti en 1979, un truc un peu shoegaze dix ans avant. Avec en plus des petites touches de poésie, d’angoisse, d’étrangeté légère qui font de ce morceau la petite merveille qu’il est. »


La Souris Déglinguée – Week-end sauvage

« La capacité d’observation de Tai-Luc fait de La Souris le groupe le plus apte a décrire Paris. On écoute ici la version démo, parue sur l’album “As-tu déjà oublié ?”. La production – ou l’absence de cette dernière – rend ce morceau encore plus obsédant, par sa fragilité rythmique contrastant avec le trop-plein de confiance adolescente que les paroles expriment. »


Jul – ???

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« Ce n’est pas un morceau à proprement parler, il n’est probablement ni enregistré, ni écrit, mais on sait déjà qu’on va l’écouter tout l’été ! Avec Jul, c’est toujours l’intention qui compte de toute façon. »


Throbbing Gristle – Walkabout

« Il y a une fin à tout ! »


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