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Disques

Dean Blunt – Black Metal 2

L’un des disques les plus mystérieux et fascinants de l’an dernier, 24 minutes engourdies et minimalistes par un Anglais qui aime vivre caché.

Cela fait des années qu’on essaie de cerner Roy Nnawuchi alias Dean Blunt. Réalisant depuis 2005 d’étranges collages sonores à travers des projets comme Hype Williams ou Babyfather, il s’est aussi lancé au début de la précédente décennie dans une obscure carrière solo, à la fois erratique et mystérieuse. Et nous voilà bien embêtés pour aborder ce “Black Metal 2”. Sorti en août dernier, le disque est à la fois un joli troll au “2001” de Dr Dre et une suite évidente du “Black Metal” de Blunt, parangon de la pop hypnagogique apparue au mitan des années 2010. Dix brèves chansons pour 24 minutes, et l’un des plus grands disques de l’année 2021. Que l’on nous pardonne cet oubli, le mois de janvier est propice au rattrapage.

Phrasés hip-hop vaguement opiacés, beats faméliques et guitares passées au filtre d’une vieille pédale de flanger : on entendra pas beaucoup plus sur “Black Metal 2”. Ces arrangements squelettiques permettent à Dean Blunt de ménager ses effets pour donner juste ce qu’il faut d’espace à chaque auditeur. L’Anglais compose une musique à la fois évidente et ondulatoire : les boucles de violons de “VIGIL” composent une parfaite ouverture, les basses de “MUGU” semblent de plus en plus profondes et la guitare acoustique de “WOOSAH” offre une parfaite pause instrumentale.

“Black Metal 2” se termine avec “The Rot”, une envolée orchestrale que l’on écoute tout les jours sans avoir réussi à en comprendre totalement le sens. Dean Blunt a composé une parfaite conclusion à ce bref disque, de celle qui s’achève en crescendo sur une note d’espoir avant de disparaître sans crier gare. Il y a dans cette pop déconstruite un écho capiteux à notre quotidien déliquescent – en 2021 comme en 2022, et encore après sans doute.

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