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Disques

Claptrap – Adulting

Julien Chevalier, Paul Loiseau, Eric Pasquereau et Vincent Robert mettent en pause leurs groupes respectifs (Papier Tigre, Electric Electric, La Terre Tremble !!! et Borja Flames) pour enregistrer un premier disque de pop exotique sous le nom de Claptrap.

Ceux qui les ont vus en concert peuvent en témoigner. Julien Chevalier, Paul Loiseau, Eric Pasquereau et Vincent Robert ne sont pas en reste lorsqu’il s’agit d’allier la puissance du rock avec un certain radicalisme sonore. Les éruptions guitaristiques chez Papier Tigre ou Electric Electric ainsi que les voyages immobiles de La Terre Tremble !!! et Borja Flames en auront marqué plus d’un. En ce qui nous concerne, on se souvient encore de cet instant à l’Espace B où nos tympans ont cédé sous les assauts répétés d’un “A Matter of Minute” totalement abrasif. Alors, que faire après ces excès de bruit et d’expérimentations abstraites ? Former un supergroupe qui s’appelle Claptrap et faire un pied de nez au rock mathématique !

Bossa nova lunaire, batterie précise, mandoline trifouillée électroniquement et claviers boiteux : c’est ici que Claptrap puise, en partie, son inspiration pour ce folklore conceptuel. Le quatuor mélange les formes et compose une poignée de chansons devenues progressivement un refuge aux pigments étincelants. Sept titres où Claptrap s’amuse avec les éléments de style du “Song Cycle” de Van Dyke Parks et avec les rythmes syncopés du “Undiù” de Joao Gilberto pour les parer de beats fiévreux et de lignes mélodiques modulées sur un étrange synthétiseur. Le mariage des genres semble s’imposer de lui-même pour ces doux, durs et dingues.

“Adulting” est un disque à la fois évident et particulier. Les morceaux “You, Operator” et “Public Eye”, lâchés en avance de phase il y a quelques mois, ne dérogent pas à la règle de ce tohu-bohu mis en scène avec une précision d’architecte. Voyez ci-dessus ce concert filmé en mars 2021 au Lieu Unique à Nantes, lors du festival Variations. Celles et ceux qui regarderont ces 34 minutes jusqu’au bout seront touchés par la grâce des illustrations sonores, qu’on retrouve dans ce premier disque très classieux.

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