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Disques

Aldous Harding – Warm Chris

“Warm Chris“, le quatrième album d’Aldous Harding sorti il y a deux mois, s’est imposé tranquillement à nous comme un très beau disque du milieu, à la fois superbement orchestré, d’une grande simplicité, et non moins dépourvu de quelques expérimentations sonores, notamment dans son traitement des voix.

On l’avait un peu senti venir en voyant ce live d’Aldous Harding lors du talk show fatigué de Jimmy Fallon : la chanteuse folk est à son meilleur quand elle orchestre ses excentricités vocales sur des textes cryptiques. Celles et ceux qui ont apprécié ce rare moment d’authenticité seront ravis, Aldous Harding persiste dans cette direction avec Warm Chris. Elle joue de toutes les tessitures, tend les cordes vocales et compose dix titres qui s’inscrivent aujourd’hui comme un choix audacieux en attendant de partir vers d’autres horizons.

Si on retrouve l’écriture folk, ouvragée et précieuse de la trentenaire néo-zélandaise sur des morceaux comme Tick Tock ou encore Staring at the Henry Moore, il faut signaler quelques petites sorties de route assez intéressantes. Il y a tout d’abord ce Warm Chris qui donne l’impression d’avoir été enregistré au bord du lit avec un quatre-pistes à K7. On notera ensuite ce Passion Babe tout en extravagances vocales parfois proches de l’ivresse éhontée. Une constante parmi tant d’autres, la production est classieuse, le piano est au diapason et les lignes de basse sont à la fois un refuge pour l’avenir et une claque sur la joue.

Que dire du saxophone et des borborygmes étranges prononcés par Aldous Harding sur les dernières notes de Ennui ? Probablement l’une des plus belles élévations musicales entendues sur une ouverture de disque pop depuis quelques temps. Et l’apparition fugace de Jason Williamson des Sleaford Mods sur Leathery Whip ? Une occasion parmi tant d’autres pour la chanteuse de nous offrir un duo qui évoque à la fois Nico et une petite fille malicieuse dans le même couplet. Entre ces deux titres, des chansons plutôt classiques malgré les quelques aventures sonores citées. Tout cela pourrait aller plus loin, mais au train où vont les choses ce n’est déjà pas si mal. On attendra de voir si, la prochaine fois, Aldous Harding rejoint les contrées sauvages de Cate LeBon ou choisit le chemin de la pop indestructible comme St Vincent.

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