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Disques

Son Parapluie – Paris n’existe pas

Jérôme Didelot découche et quitte momentanément son vaisseau amiral Orwell pour frayer avec Isobel Campbell le temps d’un mini album au parfum rétro.

Au rayon de l’inattendu : les infidélités tardives de Jérôme Didelot, qui s’efface subrepticement pour laisser à Isobel Campbell le soin de donner de la voix sur ses compositions. Rien de bien vraiment nouveau en fait puisqu’on avait déjà eu vent d’autres courtes aventures extraconjugales avec le label de 45-tours mélangiste Paris Tokyo Single Club. On y avait donc déjà croisé la japonaise Sugar Me (ici à nouveau présente). C’est que Jérôme Didelot, au fond, est un affreux cosmopolite. Ici, il braque ses regards sur ce savant mélange rétrofuturiste qui le caractérise, vers une excellence pop aux confins des aventures de Gainsbourg/Goraguer.

Isobel Campbell confirme son goût pour les mariages chinois de la pop, entre classicisme et horizons aventuriers, le chant en français et les accents britanniques d’une Birkin à bout de souffle, lâchée en pleine écriture ciselée. On pense donc à toute cette cuisine-là, à ces jeux de références qui ont dû amuser les uns et les autres. Curieusement, ce “Paris n’existe pas” m’évoque aussi un autre disque hors temps, le premier album de Coralie Clément, “Salle des pas perdus”, qui pastichait les jeux de couleurs des pochettes de… Belle and Sebastian. C’est un peu un croisement entre tous nos groupes favoris qui frôle le carambolage, car finalement (on est un peu conservateur…), on préfère quand même quand chacun reste chez soi même si on apprécie cet effet de décalage, de mise à distance vocale qui nous fait entendre Orwell différemment.

Au jeu collectif, on préfère ainsi la franche réussite de “Je ne finis rien”, tellement orwellienne que le maître des lieux reprend la première place, presque en s’excusant. Il y a toute la modestie et le charme d’Orwell dans cette chanson à la première personne, avec toute cette finasserie de studio qui contredit le postulat de procrastination de l’auteur.

Au final, c’est une belle récréation, une échappée belle de quatre titres agrémentés de remixes luxueux (Martin Carr et Jah Wobble, excusez du peu…) et d’une magnifique illustration de Charles Berberian.

Avec l’aide de Johanna D., qui n’existe pas non plus.

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