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Disques

Maxwell Farrington & Le SuperHomard – Once

La rencontre entre deux artisans pop s’est concrétisée par un album écrit et composé à quatre mains . Totalement hors du temps, “Once” s’avère être un bijou pop comme on en croise peu. Élégant, sincère et aérien, l’album nous enchante jusqu’à la dernière seconde, sans fausse note.

En ces périodes de confinement, faire se rencontrer la Provence et la Bretagne n’est pas des plus aisés. Pourtant, les deux maîtres d’œuvre de ce disque semblaient faits pour unir leurs talents, comme les deux personnages principaux d’une comédie romantique se tombent fatalement dans les bras à la fin.

Le SuperHomard n’est pas un bleu. Nous en pincions déjà depuis un moment pour l’Avignonnais Christophe Vaillant, auteur de trois EPs et un album (“Meadow Lane Park”, 2019) remarqués. En 2019, il rencontre Maxwell Farrington, chanteur australien et baroudeur qui a fini par poser son sac à Saint-Brieuc. Les deux hommes partagent une passion commune pour Burt Bacharach, Lee Hazlewood, Scott Walker ou encore Frank Sinatra. Bref, une certaine idée de l’élégance. C’est cette même élégance, voire cette même évidence, qui nous frappe dès la première écoute de “Once”. Voix de crooner, violons classieux, claviers solaires, mélodies imparables : le charme opère tout de suite, dès l’introductif “We, Us the Pharaohs”, digne des Walker Brothers ou, plus proche de nous, de leurs héritiers The Last Shadow Puppets.

Les onze titres qui suivent, entre pop finement orchestrée et easy listening classe, sont tout aussi étincelants. On songe parfois au meilleur de The Divine Comedy, voire à Adam Green sans drogue ni second degré. “Free Again” (qui n’est pas une reprise d’Alex Chilton) évite le kitsch avec brio. Les violons et les cuivres de “Lights & Seasons” frôlent l’excellence, bien loin de la mièvrerie redoutée par les amateurs de pop élégante, tandis que “La Mesa Motel”, avec sa trompette, son harmonica et ses chœurs, célèbre à l’évidence le regretté Ennio Morricone.
Les chansons tournent toutes autour des trois minutes, format propice à un songwriting classique qui n’admet pas le délayage et à une écoute régulière, ces petites surcreries s’avérant très vite addictives. Le label bordelais Talitres a encore eu le nez creux : “Once” possède le charme fou, immédiat et quelque peu suranné d’une œuvre pourtant atemporelle. L’album a même tapé dans l’oreille d’Iggy Pop et deux titres ont ainsi eu les honneurs d’une diffusion sur les ondes de BBC 6, une référence. On ne peut que souhaiter une suite à ce “Once”. “Twice” ?

Sortie le vendredi 30 avril.

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