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Freakscene – The Story of Dinosaur Jr.

Comme nous vous le disions il y a quelques semaines, Bordeaux a été pendant huit jours la capitale mondiale du documentaire musical avec son festival Musical Ecran. Après “Don’t Go Gentle: a Film About Idles” dont nous vous faisions le compte-rendu ici, retour sur un groupe moins punk mais sûrement plus bruyant encore : Dinosaur Jr. Présenté au festival en avant-première française, “Freakscene – The Story of Dinosaur Jr” retrace avec moult archives et interviews de personnalités rock l’itinéraire peu commun de ce groupe devenu culte, depuis ses débuts au mitan des années 80 jusqu’à aujourd’hui.

Le réalisateur (et beau-frère de Jay Mascis), l’allemand Philipp Reichenheim, choisit de raconter Dinosaur (devenu ensuite Dinosaur Jr.) de manière chronologique. Un choix logique quand on connaît le parcours très accidenté du groupe, entre les engueulades, les départs, les retrouvailles et les reformations. Rien de bien neuf pour les fans, mais le documentaire a le mérite de ne rien cacher sous le tapis et de mettre le doigt sur les différences fondamentales entre les trois membres fondateurs du groupe. Derrière les fûts, Murph s’apparente à une bonne pâte comparé au faussement lymphatique Jay Mascis (guitare, chant), dont l’omniprésence va finir par taper sur les nerfs de Lou Barlow (basse), un taiseux qui, un jour, explose et en dit trop. Les trois le répètent à plusieurs reprises : « nous nous détestions ! ». Scène hallucinante d’un concert filmé en VHS, juste avant le premier clash et le départ de Lou vers d’autres superbes cieux (Sebadoh, entre autres…) : juste pour emmerder Jay, Barlow fait gueuler n’importe comment sa basse pendant tout un morceau, le rendant tout simplement inaudible. Le morceau en question se termine, Jay pose sa guitare et va mettre une tarte à son bassiste, sur scène ! Murph, de plus en plus marginalisé, claquera lui aussi la porte en 1993.

Quasiment aucune notion de plaisir de jouer n’est évoquée par aucun des membres ! Aucun encouragement, aucune anecdote sympa, juste le sentiment d’aller au turbin, même en tournée à l’autre bout du monde ! Et pourtant, du plaisir, ils en ont donné ! La liste des groupes et artistes fans interviewés pour le documentaire ou présents au détour d’archives est bluffante : Henry Rollins (Black Flag), Bob Mould (Hüsker Dü, Sugar), Kevin Shields (My Bloody Valentine), Thurston Moore, Lee Ranaldo et Kim Gordon (Sonic Youth), sans parler des formations qui les ont accompagnés, des Melvins à Nirvana. Tous sont béats d’admiration devant ce son unique (ceux qui ont vu Dinosaur Jr. en concert peuvent confirmer, ce n’est pas une légende, ils jouent TRÈS fort !) qui deviendra le grunge et ce vrai sens mélodique caché derrière une guitare aux mille pédales. Il faut voir Franck Black (Pixies) euphorique et très animé essayer de décrire Dinosaur Jr. comme une sorte de monstre à trois membres : une jambe et avec deux bras indépendants…

Si l’interruption du groupe entre 1997 et 2005 est mise (un peu) de côté, le documentaire revient forcément sur la reformation. Dinosaur Jr. retrouve sa formation originale pour la promo de la rééditions des trois premiers albums sortis chez Merge. Suivront cinq nouveaux albums et des tournées. Pas sûr que les trois loustics s’apprécient beaucoup plus qu’avant. Disons qu’ils sont devenus adultes, malgré le look d’éternel ado blasé de Jay Mascis. Et c’est presque avec émotion que l’on surprend Murph avouer qu’il y prend enfin aujourd’hui un peu de plaisir. Et qu’il réalise à peine tout le chemin parcouru et la chance de faire partie d’un groupe culte, plus de 35 ans après ses débuts.

Retrouvez le palmarès de l’édition 2021 du festival Musical Ecran :

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