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Disques

Baptiste W. Hamon & Barbagallo – Barbaghamon

Il est des rencontres moins évidentes, et pourtant Baptiste W. Hamon et Julien Barbagallo ont mis du temps avant de poser sur disque ces chansons écrites à quatre mains, le temps de transformer un “A bientôt” en un “On s’y met”. La situation étant ce qu’elle est, l’éloignement s’imposant (France/Australie, même Internet ne peut abolir le décalage horaire), c’est par échanges virtuels que ce “Barbaghamon” s’est peu à peu construit. Sept titres écrits en ping-pong, qui malgré ces difficultés de réalisation témoignent dès la première écoute d’une qualité réjouissante. On y entend un enthousiasme réel, dans les ornements des chansons, leur forme travaillée mais qui se fait oublier avec bonheur.

Le disque commence dans la douceur de “J’écoute l’eau”, qui évoque la quiétude de l’été autour d’un lac avec des arrangements country mêlés à de la pop, avant la mélancolie de “Ils fument”, à l’exacte croisée entre l’écriture littérale de Baptiste W. Hamon et du goût pour les arrangements de Barbagallo (quelles belles cordes, totalement à propos !). A chaque chanson, on retrouve cette simplicité, une quasi-naïveté qui a quelque chose de réjouissant car sans calcul derrière. “Le jour viendra” mélange ainsi allègrement un petit semblant de country sur le refrain, quand la chanson semblait s’ouvrir sur des aspirations plus pop 70’s. Cette spontanéité est encore présente dans l’adaptation du “Sleep the Clock Around” de Belle and Sebastian qui devient une galopade hyper pop, “Le souvenir brillera”, avec Stuart Murdoch himself en invité.
Sur ces sept chansons, le duo Barbagallo/Hamon ne se refuse rien, les inspirations nostalgiques, très Tricatel dans l’esprit, sur “Le Bleu du ciel”, posant aussi de généreux arrangements de cordes sur “Nous nous reverrons” comme sur “Maria”, sans doute la chanson la plus identifiable à Baptiste W. Hamon avec “Ils fument”. A chaque fois, on sent que les deux musiciens se sont laissé un peu de place, signe d’un respect mutuel mais aussi d’une belle complicité, invitant même sur quelques chansons la voix superbe de Lonny. Ce “Barbaghamon”, hydre à deux têtes, donne à espérer que l’échange entre les deux musiciens va continuer et donner naissance à quelques chansons de plus.

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