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Disques

Idles – Crawler

À peine plus d’un an après la sortie du déjà solide et défouloir “Ultra Mono“, Idles est de retour avec “Crawler”. Si le groupe de Bristol avait fait du punk rassembleur et de l’hymne à pogo ses marques de fabrique, il calme (un peu) le jeu sur ce quatrième album aux allures de combat qui prend aux tripes. Car si Idles est une bande de punks hippies vantant les vertus de l’amour et exposant leur vulnérabilité, “Crawler” se présente davantage comme un album de résilience. Un mot à la mode de chez nous mais qui, ici, trouve tout son sens.

Nous nous étions faits à l’idée que Idles était un groupe de Bisounours, des pogos comme des câlins un peu virils, avec des messages d’amour et des aveux de faiblesse. Ici, léger changement de ton, qui se veut plus grave. John Talbot et ses acolytes évoquent les accidents de la vie. Au sens propre avec cet accident de voiture qui a failli coûter la vie au chanteur alors stone, mais aussi les addictions, le suicide et autres joyeusetés. Mais comme nous sommes chez Idles, tout cela est abordé du bon côté, en parlant surtout de la façon dont on s’en sort.
Dans la forme, le groupe alterne sans temps mort la colère sourde et les morceaux plus « rageux ». Dès l’introductif “MTT 420 RR” (nom de la moto impliquée dans l’accident ?), Idles signe un de ses meilleurs titres : une basse énooooorme, un tambourin discret et une montée en puissance calme, inévitable et intenable. Pas de déflagration finale pourtant attendue et c’est encore mieux ainsi. Avec ces cinq minutes austères et froides comme un macadam trempé en plein hiver, Idles a LE titre pour introduire ses concerts. « Are you ready for the storm? ». Fuck yeah!

Idles l’a compris et applique la recette à merveille : pour faire plus de bruit, pas besoin d’additionner les guitares, il suffit d’une bonne grosse basse. Que l’on retrouve sur “The Wheel” : Idles a toujours la rage et John Talbot prend alors des faux airs de Franck Black, période “Doolittle”. Moins d’effets, moins d’hymnes à hurler tous en chœur, une batterie métronomique : Idles n’est pas là pour faire danser, juste bouger. Et pourtant, “The Beachland Ballroom” situé en milieu d’album est une sorte de slow un peu musclé, un titre assez soul complètement inédit dans le paysage musical du groupe. Idles s’aventure doucement vers de nouveaux horizons, et ce n’est pas pour nous déplaire.
Que les fans de la brutalité des débuts se rassurent, Ies Anglais peuvent toujours se montrer énervés : “Car Crash” et ses déflagrations, ”The New Sensation” et sa basse déglinguée, le tube ”Crawl!”, le saxo fou de ”Meds” ou encore l’éjaculation précoce de ”Wizz” pour ne citer qu’eux, il y a de quoi faire siffler les tympans un peu fragiles. Pour Idles, ramper (to crawl) c’est toujours avancer.  Le groupe va bien (malgré toutes les embûches évoquées dans l’album), il nous montre même la voie de la guérison.

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