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Disques

Stereolab – Pulse the Early Brain (Switch On Volume 5)

Il nous semblait essentiel de revenir sur le cinquième volume de la compilation “Switch On“ de Stereolab, qui rassemble une nouvelle fois une belle collection de raretés, faces B, remixes, lives et inédits.

Difficile de croire que le terme “post-rock“ puisse encore avoir un sens de nos jours. Pourtant, ce mot apparu en 1994 dans un article du magazine “The Wire” sous la plume du critique réputé Simon Reynolds, et qui décrivait une musique échappant aux structures traditionnelles du rock sans pour autant rompre totalement avec lui, nous semble aujourd’hui quasiment indissociable d’un groupe comme Stereolab. Une théorie fumeuse que l’on va tenter d’explorer avec la sortie de “Pulse the Early Brain“. Double CD ou triple vinyle, cette cinquième compilation de la série “Switch On“ rassemble 21 raretés classieuses qui traversent l’histoire du très productif groupe franco-britannique formé par Laetitia Sadier et Tim Gane.

L’art de la répétition et du remix propre à la formation est ici parfaitement illustré par “Simple Headphone Mind” et “Trippin’ With the Birds“, seconde collaboration de Stereolab avec Nurse With Wound et double morceau fleuve qui oscille entre kosmische Muzik , pop lounge bloquée sur un unique sample et modulation vaporeuse de synthétiseurs vintages. Pendant plus d’une demi-heure, la musique semble filer entre nos doigts avant de réinventer le mouvement perpétuel avec deux mélodies jouées sur une Fender Jaguar, un Moog et une boîte à rythmes évolutive. Les deux faces de ce 12″ devenu une pièce rare très recherchée par les collectionneurs ouvrent donc cette compilation mutante avant de laisser la place à des titres plus accessibles comme l’inédit “Robot Riot“ que l’on accueille les bras ouverts et le casque sur les oreilles.

Réécouter ces 21 titres en 2022 nous rappelle combien Stereolab considère le studio comme un instrument à part entière. Claviers Farfisa, basses claquantes et batteries inarrêtables : les machines ronronnent, remplissent la pièce et nous laissent imaginer des jours entiers d’enregistrement. Quand sa voix n’est pas déformée, Laetitia Sadier chante en anglais et en français avec des mots simples qui mélangent les images de l’enfance avec l’Internationale situationniste. Autant de motifs répétés quasiment à l’infini, déclinés par le groupe tout au long d’une riche carrière.

“Pulse The Early Brain“ se clôt sur une version live de “Cybele’s Reverie“, jouée en 2004 au Hollywood Bowl. Le titre, qui fut naguère le single extrait de l’album “Emperor Tomato Ketchup“ et reste un de leurs plus connus, résume idéalement la discographie de Stereolab : une guitare velvetienne, des synthétiseurs, une section rythmique imparable, des trompettes, un air de jazz et le chant mi-léger, mi-engagé de Laetitia Sadier. Une raison parmi tant d’autres pour ne pas rater leurs passages à la Gaité Lyrique aux mois d’octobre et novembre.

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