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Laetitia Shériff : « J’aime l’idée de temporalité en faisant de la musique »

Depuis une vingtaine d’années, la chanteuse rennaise Laetitia Shériff mène sa barque avec intelligence, en s’appliquant à diversifier ses activités musicales tout en sortant régulièrement des albums qui savent trouver un joli équilibre entre finesse et tension, pesanteur et légèreté mais aussi calme et fureur, parfois dans une même chanson. Elle l’a encore démontré avec “Stillness”, son quatrième album sorti en 2020. Pour discuter de ce disque ainsi que, entres autres, de sa vision de la carrière de musicienne à l’époque actuelle, nous l’avons rencontrée à l’occasion de sa prestation en solo, fin novembre, au Run Ar Puñs, café-concert situé à Châteaulin dans le Finistère. Après avoir tourné avec son groupe élargi, notamment composé d’une section de cuivres, elle faisait effectivement une petite tournée solo cet automne pour tester de nouvelles choses. Une approche empirique qu’elle semble apprécier, comme elle nous l’explique dans cette interview.

L’été dernier, je t’avais vue aux Vieilles Charrues où, avec des musiciens, tu apparaissais comme Laetitia Shériff & Friends. Ce soir, tu apparais comme Laetitia Shériff Solo. Pourquoi cette petite tournée automnale sans accompagnateurs ?
Je vais travailler sur un prochain disque et ce que j’aime bien faire, c’est essayer des choses et pratiquer tout en étant en mode de composition. François des Tontons Tourneurs m’a dit qu’il avait eu des demandes et m’a demandé s’il fallait prévoir une tournée. Je lui ai répondu qu’il n’y avait pas d’enjeu et qu’il pouvait voir avec les gens avec qui il avait envie de travailler. Et puis, ça fait du bien de reprendre la route, des retours aux sources comme ça. Mais c’est dur quand même. Je ne pensais pas que ça allait être aussi dur, dans le sens où, notamment, tu passes beaucoup de temps dans les transports vu que je voyage en train. C’est le cas aussi quand tu es en groupe où tu voyages en camion. Mais la SNCF ne nous facilite pas la vie, il peut y avoir des petites surprises et quelques moments de stress. Une fois que j’arrive dans les salles, je sais que je suis d’une vraie sociabilité. J’ai du plaisir à rencontrer l’équipe au sein de la salle. Je fais les balances en quarante minutes environ, c’est assez simple et ça permet de passer du temps à discuter avec les gens. Si tu as la chance de jouer avec d’autres groupes, tu peux aussi faire des rencontres. La vie de musicienne !

Tu as prévu de jouer des nouveaux titres sur cette tournée ?
Quand j’ai commencé, j’avais dix-neuf ans et je chantais des poèmes d’un auteur qui s’appelle William Bulter Yeats. Je m’aperçois que, chaque fois que je travaille des nouveaux morceaux, quand je n’ai pas les textes, je reprends ces poésies-là. Je vais donc en chanter quelques-unes, ce sont des nouveaux morceaux mais avec les poèmes de Yeats. Sinon, je réadapte des morceaux que je joue en groupe normalement. Ça non plus, ce n’est pas évident parce que tu cherches forcément à remplir un espace alors qu’il ne faut pas. C’est une vraie leçon d’humilité d’essayer de tout faire seule. J’essaie vraiment de me libérer aussi de ce qu’on appelle le boucleur pour ne pas non plus être dans une grande orchestration et fragiliser encore plus le set. La setlist change selon les salles. Je travaille chez moi entre chaque date, ce sont des dates isolées qui permettent de retravailler des choses chez moi et de rajouter des nouveaux morceaux ou de vieux morceaux réarrangés. C’est parfois un peu à tâtons, je me laisse une part de « cascades » dans les concerts mais il y a quand même des choses que j’ai envie d’offrir et de présenter de façon simple et solide.

Tout récemment, tu as sorti “Stillness – Unreleased Songs”, trois morceaux inédits issus des sessions d’enregistrement de ton dernier album “Stillness” et qui sont disponibles sur Bandcamp. Pourquoi cette sortie de trois morceaux inédits deux ans plus tard ?
C’est l’envie du label Impersonal Freedom qui est géré par Thomas Poli qui joue aussi avec moi et qui m’enregistre. Il m’a fait une surprise. C’est quelqu’un qui garde tout. Il a conservé des chansons qui n’ont pas été exploitées. Par exemple, il y a un morceau qu’on a vraiment enregistré en groupe, en version power trio, qui est passé par plein de phases et qui n’avait pas sa place dans l’album “Stillness”. Quand tu détermines l’ordre des morceaux pour un disque, il ne faut pas se charger avec des choses qui ne rentrent pas dans l’état d’esprit. Il y a un deuxième morceau qui était un peu plus posé et puis, il y a vraiment une démo. Thomas Poli avait gardé tout ça. Il y a un truc un peu secret, c’est qu’il m’a fait un cadeau. Il a fait presser dix 45-t, il a fait la pochette lui-même et il me les a offerts. Après il s’est demandé s’il fallait le proposer au label. Je lui ai dit que ce n’était pas la peine de faire taxer les gens, que c’était mieux de partager ça plutôt que de les laisser dans un grenier.

Sur ce dernier album “Stillness”, ce qui m’a frappé, c’est la présence, en particulier sur des chansons comme “People Rise Up”, d’une sorte d’appel à l’éveil voire à l’insurrection des consciences. Cet éveil, c’est important pour toi ? Tu penses que tu as un rôle à jouer à ce niveau-là ?
Oui, je pense. Ça revient à sortir de la place du témoin, on est témoins de tout ce qui se passe partout ailleurs dans le monde et on ne sait jamais comment se positionner politiquement, s’engager ou être dans l’action. Comme le thème du disque est l’immobilité, j’avais envie de balayer un peu cet aspect et d’affirmer une position, mais qui est plus de l’ordre du rêve. “People Rise Up”, au départ, c’est une idée poétique et très graphique de voir un trait au loin et d’avoir le courage de s’en approcher par curiosité et par interrogation, de s’apercevoir que ce sont des hommes et des femmes en train de se prendre la main et de faire front. Je pensais à des gens qui sont devant la mer et qui vont y aller. C’est une image un peu idéaliste et qui m’émeut beaucoup parce que, dans notre humanité, on a cette difficulté à vivre les luttes de la même manière. Il y a toujours une distance du côté occidental et on a toujours l’impression d’être protégé de quelque chose mais, finalement, la lutte est là tous les jours. C’était important pour moi et c’est cette possibilité qu’on peut avoir, en tant qu’artiste, de s’exprimer.

Ce qui a aussi été important pour ton dernier album, c’est qu’il sorti en pleine pandémie avec, dans la foulée, des concerts reportés ou annulés, des normes sanitaires en place pour ces concerts quand ils avaient lieu… Comment as-tu vécu tout ça ?
Ça me fait bizarre de revenir en arrière, parce que c’était très désagréable. Mais il se trouvait que le disque était fini avant le confinement, on a reçu le mastering quand on était confinés. La pochette a été fait par Estelle Chaigne à distance, elle derrière son écran et moi aussi, elle en train d’essayer des choses un peu expérimentales avec des appareils photo… On a fait des séances photo via les écrans, on a essayé plein de choses. Cela nous a pris tout le mois d’avril. Une fois qu’Estelle avait ce qu’il fallait, elle contournait la loi en prenant son vélo pour aller chercher tous ses produits et faire son travail de développement. On apprend donc que ça va durer un petit moment, l’été passe et on se dit qu’il faut sortir ce disque. Tant pis s’il n’y a pas de concerts mais la musique est là, il faut qu’on y aille. On avait aussi des rendez-vous de résidences qui étaient tolérés. Mais à chaque fois, on s’est retrouvés sans possibilité de faire des concerts, avec les dates reportées…
Je crois que j’ai une équipe formidable parce qu’il a fallu prendre des décisions. Moi, c’est mon projet et, effectivement, je peux attendre que les choses arrivent. Mais tout le monde a joué le jeu. A un moment, avec le tourneur, on s’est dit, au mois de janvier 2021, qu’on n’aurait pas de nouvelles des officiels, des politiques avant un sacré bout de temps et que, plutôt que de reporter d’un mois à un autre, il valait mieux reporter à l’automne. Tout en suivant le modèle mondial parce qu’il y avait beaucoup de groupes internationaux qui avaient vraiment reporté à un autre moment. Toute l’équipe a accepté d’être en stand-by. Finalement, le doigt géant a appuyé sur le bouton au mois de juin 2021 et tout s’est rouvert dans les conditions que l’on connait tous, assis, debout, masqués ou non masqués, etc. On a joué le jeu et, bizarrement, ça n’a pas changé les concerts, l’énergie que tu mets en concert. On s’est demandé : « Est-ce qu’on fait de la musique de chambre ou du rock’n’roll, bordel ?! » On s’est dit qu’on allait faire du bruit, du rock’n’roll, on fait simplement nos chansons. On essaie d’adapter notre set, c’est-à-dire de faire moins long pour que les gens qui sont masqués n’étouffent pas à la fin du concert, et aussi pour que les programmateurs puissent programmer plusieurs groupes dans la soirée. Avec un travail de scénographie d’Audrey Losque-Robert pour démédicaliser les choses, pour ouvrir l’espace et faire une petite bulle ensemble parce que, des fois, on se retrouvait avec des gens masqués assis à une table sans rien, sans verre… Je dirais que ça a été une période souvent pénible mais avec aussi des moments vraiment formidables, de récompense où tu fais le point sur le choix que tu as fait un jour de faire de la musique. Ça te revient tout de suite dans la tête, tu te dis que c’est ça que tu veux faire.

Oui, il y a beaucoup d’artistes qui ont été amenés à réfléchir sur leur statut et sur leur vie pendant cette période. Tu confirmes à l’instant que cela a été ton cas aussi…
Pour moi, ça a confirmé le fait que je veuille continuer à faire ça. Je suis là en train de me dire qu’on parle quand même d’une pandémie ! Il y avait un sacré moment important de notre humanité qui était là. Je me suis demandé si j’allais réussir à faire ce métier. En tout cas, si je ne doutais pas avant, je doutais comme tout le monde pendant le confinement des mois de mars, d’avril et de mai en me demandant si tout allait s’arrêter. Après, je suis maman, j’ai une petite fille et c’est ça qui était super aussi, de se dire qu’on ne peut pas être nihiliste, qu’il faut rouvrir les chakras optimistes et se dire qu’on va trouver le moyen de vivre.

Musicalement, ce qui ressort à l’écoute de ton dernier album comme des précédents, c’est une grande variété dans les ambiances, avec certains titres plus électriques, d’autres plus acoustiques, avec des cordes ou des cuivres, certains plus calmes et d’autres plus rythmés. Cette variété des ambiances, c’est ce que tu recherches ?
Ça se fait tout seul, je ne me dis pas que je vais faire un pot-pourri de tous les genres que j’aime. L’important, ce sont plutôt les gens que j’aime et à qui je laisse quand même une très grande ouverture. Au moment où je propose mes démos à Thomas Poli et Nicolas Courret, j’ouvre aussi les possibilités. Puis les choses se construisent avec ce qu’on appelle les overdubs. Mais il y a quelque chose qui est très stable, c’est l’aspect power trio guitare-basse-batterie sur quasiment tout l’album. Il y a une unité dans ce qu’on propose, et je dis “on” parce qu’on l’a fait ensemble avec les autres musiciens. L’idée de faire un album est aussi de ne pas être tout le temps dans un concept et de se laisser complètement aller à de nouvelles choses, des choses qui te plaisent dans le moment où tu enregistres.

L’important, c’est ce que tu as envie de faire sur le moment ?
Oui, je trouve que le moment de l’enregistrement est vraiment génial parce qu’il y a une effervescence et une spontanéité. Et c’est pareil pour les overdubs. Par exemple, les arrangements de “People Rise Up”, les cordes que l’on entend, c’est du modulaire et c’est Thomas qui a dû le faire un soir parce qu’on en avait discuté avant. Je lui avais parlé des révolutions arabes en lui disant que,  si cette chanson devait porter un combat, ce serait peut-être celui qui m’avait le plus marquée. C’était en 2011, on était en studio avec mon autre groupe Trunks, je regardais la télé et je me disais que c’était incroyable, ce qui était en train de se passer. Du coup, Thomas est parti vers cette couleur un peu arabisante. Il a fait ça en une soirée et, le lendemain, il m’a fait écouter et j’étais très émue. Après, sur les cuivres, j’ai travaillé en amont, c’était la première fois que je travaillais des arrangements et j’avais une idée précise des interventions des cuivres qui étaient comme quelque chose de complémentaire à la voix, une deuxième voix qui vient, en relief, exprimer le propos de façon plus dense et forte. Par exemple, pour “Ashamed”, avec la trompette de fin, je voyais vraiment un champ de bataille, quelque chose de très illustratif mais sans en faire trop non plus. Sur “We Are You”, je voyais un combat un peu à la façon des gladiateurs, entre la nature et les hommes, et au lieu que ce soit dans le fight, que ça s’entremêle plutôt. Il y a un côté un peu corrida aussi ! (rires) Donc, l’idée est d’essayer, au travers d’instruments particuliers, de donner une couleur illustrative plus intense qu’avec simplement la guitare, par exemple, même si j’y reste très attachée.

Si tu devais décrire l’évolution de ta musique depuis tes débuts, qu’est-ce que tu dirais ?
J’ai du mal à répondre à cette question parce que j’ai une sorte de mémoire immédiate… J’ai quand même l’impression qu’il y a un fil rouge du début à maintenant. La preuve, comme je te disais, en solo, je reprends les textes de Yeats qui m’ont ouvert la voie. Quand on repart en arrière, on prend ce qui nous a été offert… C’est une question piège ! (sourire) Il y a peut-être des choses qui s’affirment un peu plus et d’autres qui disparaissent. Et je trouve ça bien aussi, sans regret. J’aime bien l’idée de temporalité en faisant de la musique. S’il y a quelque chose qui est figé et qui ne change jamais, c’est en faisant de la musique que tu t’extirpes un instant de la société, même si c’est très inspirant, et du quotidien. Je n’ai pas choisi la vie métro-boulot-dodo mais j’aurais très bien pu la vivre de cette manière-là et m’anesthésier face à tout ce qui se passe, d’être obnubilée par le fait de gagner ma vie et d’être dans le rang. Je ne dis pas que c’est mieux de faire de la musique et que j’ai tout compris mais, en tout cas,  il y a un truc un peu comme ça qui me dégage d’un quotidien qui pourrait être lourd, de choses qui pourraient me faire ralentir, que ce soit des drames ou la maladie. Je pense qu’au travers de la musique, il y a quelque chose qui te préserve un petit peu quand tu arrives vraiment à plonger dedans et je pense que, maintenant, je plonge vraiment dedans. Je suis toujours étonnée quand on me demande pourquoi je fais des albums tous les six ans. Je réponds alors que moi je ne compte pas, les choses arrivent quand elles arrivent.

Il y a aussi le fait que tu as beaucoup d’autres projets et collaborations à côté.
Mais je ne peux pas lister ça ! Et puis, il y a aussi la vie. Quand on me demande ce qui s’est passé entre le dernier album et maintenant, je vais mettre les pieds dans le plat et dire que oui, j’ai eu un enfant ! Et oui, il y a toutes les rencontres que je fais à côté et qui me font progresser, aimer le métier que je fais et me déplacent aussi dans les choses qui sont acquises. J’ai besoin d’aller bosser avec des travailleurs sociaux, de mener des projets pour le théâtre, la danse ou le cinéma. J’ai besoin de faire ces choses-là aussi et ça prend du temps. Je n’ai pas envie d’être obnubilée par la carrière Laetitia Shériff. Il y a aussi Trunks dans lequel je joue, on va faire un autre album.

Jamais un artiste solo ne se fait tout seul, et, tu le confirmes depuis le début de l’interview, on a l’impression que, pour toi, le travail en équipe est particulièrement important. Je me trompe ?
Oui, c’est très important mais, avec ce qui est en train de se passer sur les différentes dates en solo, je passe aussi beaucoup de temps à travailler seule chez moi, à resculpter, à retravailler les choses, et je m’amuse. C’est pareil, dans les compositions, je suis assez seule. Quand je m’attarde sur l’écriture, c’est un travail solitaire. Ce qui a évolué, c’est qu’à chaque fois, je pensais aux gens avec qui j’avais travaillé et qui m’inspiraient et là, je crois que je me suis rapprochée de mon intérêt d’être témoin  de la vie et d’archiver un instant dans notre existence.

Je parlais d’équipe à l’instant et, dans ton équipe, il y a quelqu’un dont tu es très proche, c’est Thomas Poli que, pour ma part, je considère comme un très bon musicien vraiment sous-estimé. Justement, qu’est-ce qu’il t’a apporté en tant que musicien ?
Beaucoup de choses. D’avoir un Thomas Poli dans son équipe, c’est… C’est un preux chevalier, il donne tout ce qu’il a et pas seulement en tant que musicien. En tant que réalisateur, en studio, il fait tout pour que les musiciens soient le mieux possible et aillent au bout de leurs idées. Il est vraiment dans le dévouement. Quand tu dis qu’il est sous-estimé, je suis assez d’accord avec toi mais il a aussi un point de vue tellement particulier par rapport à l’environnement musical. Il est très pointu, il a des exigences qui font que c’est difficilement “entendable” tout de suite. Je pense qu’il faut être un peu plus curieux, et moi, en tant que mélomane, j’ai cette exigence d’aller chercher des projets un peu plus de niche et, souvent, je tombe sur des trucs super inspirants. Thomas fait partie de ces gens-là qui m’inspirent dès lors qu’il touche un instrument. Il a son projet à lui, notamment au travers de “This Flow”.

Oui, il fait un travail intéressant sur les synthés modulaires.
Je crois que le premier synthé qu’il a acheté, c’est un MS-20. Mais c’est un très bon guitariste aussi, c’est un très bon dans tous les domaines. Il est hyper investi, c’est une force. Le power trio avec Thomas Poli et Nicolas Courret, ça envoie ! Tu ne touches plus le sol, tu as vraiment deux parades, de chaque côté, qui te transportent. Ils ont tout compris, tu n’as pas à te défendre, tu peux te laisser aller à faire les chansons, à jouer. Ils sont bienveillants, il y a un truc très pur chez ces deux personnes-là. Thomas, c’est quelqu’un de pur.

Et quels sont tes projets ?
Un nouvel album, et j’aimerais bien qu’on tourne aussi le projet avec les cuivres, un “sept sur scène”, l’extended band que tu as vu aux Vieilles Charrues. J’aimerais continuer à travailler des arrangements sur d’autres morceaux avec les cuivres, qu’on puisse faire ponctuellement des dates ensemble. Avec Estelle Chaigne qui a fait la pochette, on fait aussi une petite performance : elle développe en direct des photos qui sont projetées. Elle a deux rétroprojecteurs bidouillés, ce qui fait qu’elle peut faire des fondus des photos qu’elle est en train de développer en direct, on dirait un laboratoire de chimie. Pendant ce temps-là, je joue les démos des morceaux de “Stillness”. On fait une performance comme ça au mois de mars à Rennes. Estelle Chaigne, ça a été une rencontre incroyable, elle est géniale. Va voir sur son site internet, tu vas halluciner. On a beaucoup de points communs, elle est très généreuse. Et puis, je suis en train d’écrire plein de petites pièces pour monter un ensemble : il y aura de la voix, du piano et des synthétiseurs. J’ai vraiment décidé de me concentrer sur les rêves que j’ai dans mon disque dur et d’essayer de les réaliser. J’ai un peu plus de temps, je me sens un peu plus sereine et j’ai donc envie de prendre ce temps-là pour créer ces projets-là.

Photo : Lise Gaudaire.

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