Orwell - Des Lendemains

24/10/2001, par Gildas | Albums |
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ORWELL - Des Lendemains
(Quince Records / import)

ORWELL - Des LendemainsQuelque chose ne va pas dans notre beau pays. Fugu prolifique auteur d'une myriade de ep's tous meilleurs les uns que les autres met une éternité à trouver une maison de disque prête à risquer des billes sur son superbe premier album. De nombreux talents pop (des ancêtres Yachines aux nouvelles pousses Julien Ribot) ne rencontrent que le dédain de contemporains aigris pour accueillir leurs merveilles ciselées et douces à l'oreille. De même Orwell s'épuise à écrire de vraies chansons avec des vraies morceaux de pop artisanales dedans dans l'indifférence générale. Pour tous ces artistes trop tôt maudits le Japon doit faire l'effet d'une terre d'asile paradisiaque. Se pourrait-il que nos amis nippons aient de meilleurs goûts musicaux que les nôtres trop souvent impressionnés par les beautés vulgaires des Placebo et autre Garbage importées à grands coups de budgets marketing mirifiques et de mélodies au rabais pour faire place aux bijoux insoupçonnés que délivrent nos petits producteurs locaux ? Je n'ai pas de réelles réponses à cette question et je me fais l'effet d'un Jean Pierre Coffe de bas étage quand je cause comme ça. Mais toujours est-il que les amoureux de pop souriante devront diriger leurs pas vers un label du pays du soleil levant s'ils veulent mettre la main sur la dernière livraison des popsters nancéiens d'Orwell (en attendant une sortie française dans une version remaniée).

C'est en effet Quince records qui édite "Des lendemains" le recueil des états d'âme melancolico-pop ensoleillées d'Orwell. Ici pas de recherche en cosmogonie triturée, pas d'exérèse implacable de la grisaille ambiante mais juste un recueil de 14 tableaux ouvragés aux mélodies pures, rassurantes et allant droit au cœur (ou au pied droit qui bat la mesure c'est selon). D'un "Toutes Les Nouvelles..." mené de mains de maître, le trombone (quel instrument formidable) en avant au tube "Fear of Mars" magnifique de beauté discrète, d'arrangement surannées, de chœurs volages, de cordes éberluantes et de casios dansants. Tout ici justifie de commencer les formalités d'immigration pour le Japon. Chaque chanson est ornée d'arrangements tous plus ambitieux et plus classieux les uns que les autres. "Sans cesse" glisse et fait des boucles poussée par un quatuor à cordes ahurissant de maîtrise. Si Orwell maîtrise aussi bien ses compositions c'est peut être qu'il connaissent leurs classiques sur le bout des doigts (comme le démontre ici la reprise de "Claire") mais qu'ils n'en n'oublie pas qu'en 2001 regarder en arrière ne suffit pas : foncièrement classique mais terriblement moderne. Sur la reprise inattendue, lente et envoûtante du "Breathe" de Prodigy, un piano d'outre tombe et des violons glaçants remplacent par exemple avantageusement les beats terroristes du commando anglais. De bout en bout cet albums d'Orwell est une réussite majeure, au même titre que celui de leur ami Fugu et peut-être encore meilleur.

Gildas

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