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Les Femmes s’en mêlent, encore et toujours

Le festival Les Femmes s’en mêlent, qui fête ses 25 ans, est de retour en ce mois de novembre dans toute la France pour nous offrir le meilleur des musiques actuelles au féminin. A Paris, les concerts s’étalent du 16 au 26 novembre dans plusieurs salles dont le Trabendo, le Point Éphémère, le Café de la Danse, Petit Bain, les Trois Baudets et l’Archipel. 
Petite sélection d’artistes piochées dans cette programmation riche et variée.


Aoife Nessa Frances, le 16 novembre aux Trois Baudets

On peut parier que cette jeune Irlandaise va bientôt se faire un nom, même si on ne sait pas trop comment le prononcer. Après un premier album très prometteur, “Land of No Junction”, sorti en 2020, le nouveau, “Protector” (chez Partisan Records), confirme qu’on tient là une artiste d’une sensibilité rare. A classer aux côtés des Cate Le Bon, Gwenno, Dana Gavanski ou Jane Weaver, Aoife Nessa Frances a écrit ce disque en plein confinement, dans l’isolement de la campagne de l’ouest de son île, et l’a enregistré dans une petite maison du comté de Kerry. Elle décrit ses huit chansons nimbées de mystère – qui dépassent parfois les sept minutes et où sa voix sans effets est mixée très en avant – comme « une expérience spirituelle » et un cheminement vers la lumière. Cette pop enveloppante (protectrice ?) infusée de prog rock, de folk et de jazz cosmique invite à l’abandon. On espère que les effets seront au moins aussi forts sur scène.


Emilie Zoé, le 17 novembre à Petit Bain

On se souvient de notre premier contact il y a quatre ans avec la musique de la jeune Emilie Zoé, de la force brute qui se dégageait de ses chansons, sur disque comme sur scène. On l’a finalement suivie de loin car ce pur produit de l’underground suisse, déjà plusieurs fois primé dans son pays, a semble-t-il choisi de mener sa carrière essentiellement dans la Confédération helvétique. On est d’autant plus heureux de retrouver à Paris cette chanteuse et guitariste à la fois subtile et impressionnante, avec ses grands yeux ronds et ses cheveux en pétard, qui présentera l’album “Hello Future Me” sorti en début d’année.


Memorials (Verity Susman et Matthew Simms), le 19 novembre à Petit Bain

La séparation d’Electrelane après une carrière exemplaire nous a laissés inconsolables. Si vous êtes comme nous en manque, on ne peut que vous conseiller d’aller voir le concert de Memorials, soit leur ancienne chanteuse, Verity Susman, accompagnée de Matthew Simms, qui a notamment joué dans les récentes moutures de Wire. Il faudra attendre le début 2023 pour l’album, mais les deux morceaux déjà mis en ligne rappellent tout ce qu’on aimait chez le groupe anglais féminin : une voix à la fois puissante et sur le fil, des chœurs sororaux, un sens mélodique imparable et l’expression forte d’une vision du monde. A ne pas manquer, au sein d’une soirée concerts et DJ sets qui emmènera les plus endurants au bout de la nuit.


Marissa Nadler et Nadine Khouri, le 23 novembre au Point Ephémère

Un joli (et cohérent) double plateau. La quadragénaire Marissa Nadler n’est pas née de la dernière pluie (elle avait déjà joué au festival en 2007) et a déjà une douzaine d’albums à son actif, mais il n’est pas trop tard pour découvrir son folk éthéré eux légers accents gothiques (ses derniers albums sont sortis aux Etats-Unis sur le label Sacred Bones, spécialisé dans le rock plutôt sombre). On connaît moins bien Nadine Khouri, d’origine libanaise, anciennement basée à Londres et aujourd’hui à Marseille. Sur son nouvel album “Another Life”, qui sort ce mois-ci chez Talitres en France, le production précise et minimale du grand John Parish laisse se déployer une voix superbe, qui n’a pas besoin d’en faire beaucoup pour nous envoûter.


Marta del Grandi, le 25 novembre à l’Archipel

L’Italienne Marta Del Grandi a sorti son premier album “Until We Fossilize” l’an dernier chez Fire records, repaire de chanteuses passionnantes. Un petit bijou orchestral qui peut rappeler par ses ambiances suspendues les chansons d’Agnes Obel, Soap & Skin ou Julee Cruise mise en musique par Angelo Badalamenti. Si Marta vient du jazz (qu’elle a même enseigné au conservatoire de Katmandou, a-t-on lu !) et possède donc une technique irréprochable, son chant, parfois doublé, voire multiplié pour créer d’étranges effets de flottement, n’est jamais démonstratif, restant toujours dans la retenue. Si on ignore quelle formation l’accompagnera, on peut être assuré d’un grand frisson.



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