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DiversInterviews

Un tour en ville #12

Les indépendants face à la pandémie

Dans le domaine de la culture, au sens large, le couvre-feu puis le confinement ont compromis bon nombre de spectacles et de publications. Jusqu’à poser la question de la pérennité de certains lieux de diffusion, de quelques structures indépendantes et de projets artistiques. Dans les grandes villes, au ralenti, nous interrogeons musiciens, acteurs des sphères indés et autres pour prendre le pouls de la cité. Malgré le marasme, l’espoir demeure et des initiatives se font jour… qu’il est urgent de soutenir.

Lyon

François Arquillière, responsable de la communication du Marché Gare
Quelle était votre situation avant la crise ?
Le Marché Gare était déjà dans une situation un peu particulière puisque la salle est en rénovation depuis septembre 2018. On avait donc déjà mis en place une programmation hors-les-murs, intitulée “L’Echappée sauvage”. L’idée était de déployer notre programmation à travers l’agglo, avec l’envie secrète de faire une date en partenariat avec toutes les salles, du Kraspek au Radiant en passant par des équipements plus institutionnels comme l’Opéra ou l’Auditorium. On risque de ne pas arriver au bout mais on en a fait une bonne partie !
Quelle est votre situation actuelle ?
Avec cette « double peine » fermeture pour travaux + Covid, c’est devenu quasi impossible de mettre en place des événements. On a donc décidé de se consacrer davantage à la préparation de la réouverture de la salle, prévue pour la rentrée prochaine, période qu’on espère plus clémente en terme de contraintes sanitaires.

Avez-vous des motifs d’espoir ?
Il vaut mieux, sinon autant arrêter tout de suite ! Quand des aménagements sont possibles pour respecter le protocole sanitaire (faire des concerts assis un siège sur deux, faire du streaming), on y arrive mais on voit bien que c’est du temporaire. Les concerts, c’est les rencontres, la convivialité, la sueur, tout ce qui n’existe plus à l’heure actuelle. On croise les doigts pour un retour des concerts debout à la rentrée prochaine, mais avant, je n’y crois pas. Et certains sont plus pessimistes encore.
Comment peut-on vous soutenir ?
Etant soutenu par le ministère de la Culture, la Ville et la Région, on n’est pas directement en danger. On se fait surtout du souci pour l’ensemble des acteurs de la musique à Lyon, et notamment les petits lieux comme le Sonic, ou les gros privés comme le Transbo, ainsi que toutes les structures qui gravitent autour (booking, technique, catering…), qui vont avoir du mal à se relever de cette crise.
Il y a eu des super initiatives comme celle des photographes de 69islive, dont la vente de photos de concerts étaient reversée aux salles. C’est logiquement le Sonic qui a bénéficié des dons sur cette opération. Il faut surtout que les pouvoirs publics n’oublient pas que les musiques dites actuelles sont un écosystème où chaque structure, qu’elle soit très subventionnée, peu ou pas du tout, joue un rôle au sein de l’ensemble.
Continuez-vous à travailler sur des projets en attendant une situation plus propice ?
Le boulot autour de la réouverture de la salle nous occupe beaucoup en ce moment, mais on fait notre possible pour maintenir l’activité. Des concerts, mais aussi certaines actions particulières comme les concerts à la radio avec Sol FM, les projections de documentaires musicaux à l’Aquarium Ciné-Café ou les déjeuners-concerts avec des MJC lyonnaises ; mais ça reste à la marge.
Photo des travaux de rénovation du Marché Gare : Marion Bornaz.

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