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Disques

Francesco Tristano – Idiosynkrasia

FRANCESCO TRISTANO – Idiosynkrasia
(Infiné / Discograph) [site] – acheter ce disque

FRANCESCO TRISTANO - IdiosynkrasiaAprès le brillant interlude qu’a représenté Aufgang, le temps d’un album et d’un EP tout aussi remarquables l’un que l’autre, Francesco Tristano reprend le fil de sa carrière là où il l’avait laissée après « Auricle Bio On », sorti en 2008. Moi qui apprécie beaucoup le trio Aufgang, j’étais d’autant plus curieux à l’idée de me plonger dans l’oeuvre du jeune homme en solo.

L’histoire du disque se situe du côté de Detroit, haut lieu musical où se sont téléscopés tous les styles ou presque (techno – l’album a été enregistré dans le studio de Carl Craig -, mais aussi soul et rock garage). Mais si l’ex-capitale industrielle des Etats-Unis a été un carrefour musical, Francesco Tristano est resté fidèle à son instrument de prédilection, ce fameux piano qui n’a aucun secret pour lui. Libre de toute contrainte purement technique, le jeune homme a fait de « Idiosynkrasia » un disque parfaitement intemporel, que l’on ne peut ni relier au passé ni ancrer uniquement dans le futur. Terriblement technique, mais sans aucun caratère ostentatoire, « Idiosynkrasia » fourmille d’une inventivité canalisée, mise au service de morceaux où se téléscopent rythmes syncopés, piano virevoltant et touches électroniques. On peut s’imaginer sur la lune, dans une boîte de nuit en apesanteur, on peut danser ou au contraire se contenter de contempler le plafond : l’album abolit les repères et molleste avec bienveillance l’auditeur, qui n’a pour seule solution que de se laisser porter. Les nuances dans les textures, les rythmiques et les atmosphères rendent l’entreprise passionannte : il est possible de danser sur « Idiosynkrasia » ou « Fragrance de Fraga », avant de se laisser happer par le désertique « Lastdays ». Je ne peux m’empêcher de relier ces pleins et ces déliés, cette froideur qui succède à la chaleur à ce qui est arrivé à Detroit, ville défigurée par la crise économique et qui se cherche un futur. La vie est toujours présente, mais elle s’est réinventée sous une autre forme : un peu jazzy sur « Eastern Market », technoïde sur « Single and Doppio » ou méditative et sombre sur « Nach Wasser Noch Erde », avant la chevauchée épique qu’est « Hello (Inner Space Dub) », portée par un piano locomotive, inépuisable propulsion d’un morceau mutant.

« Idiosynkrasia » est donc une oeuvre à nulle autre pareille, un disque extra-ordinaire, sur lequel on peut danser avec le cerveau bien actif, contempler l’extérieur les yeux fermés, se retrouver la tête en bas sans avoir le vertige. Intrigant en tous points, mais simplement admirable !

Mickaël Choisi

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