Route du Rock 2013

21/08/2013, par , Matthieu Chauveau, Judicaël Dacosta et | Festivals |
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Vendredi 16 août

Pas de concerts au Palais du Grand Large cette année, mais une conférence de Christophe Brault au Théâtre Chateaubriand, intra muros, en début d'après-midi. C'est du rock garage – des années 60 à aujourd'hui, quitte à déborder sur d'autres genres – que l'érudit rennais a choisi de parler cette fois-ci : l'occasion d'apprécier son talent d'“air guitariste” et de noter une bonne vingtaine de noms inconnus, pour des explorations futures.

Puis retour au Fort de Saint-Père. L’affluence étant moindre ce jour-là, on rejoint plus facilement la scène des Remparts où joue en trio le petit protégé de Bradford Cox (Deerhunter, Atlas Sound…) : le tout jeune Jackson Scott. Arrivé trop tard pour entendre sa reprise du “Astronomy Domine” de Pink Floyd, on goûte quelques morceaux creusant un sillon psychédélique similaire (grosse tendance, décidément). Un peu branleur mais assurément doué, à suivre.

Woods a beau avoir déjà sorti une demi-douzaine d’albums, on connaissait mal ce groupe de Brooklyn que le programme situait entre les Byrds et Neil Young. Assez juste, le falsetto du chanteur et la douze-cordes du guitariste renvoyant à un certain son californien sixties, mais sans obsession vintage. Le folk-rock mélodieux du quartette, qui s’offre quelques belles incartades électriques, s’avère en tout cas idéal pour commencer la soirée.

 Woods 1

Un peu à part dans la programmation, les Danois d’Efterklang auront pendant une heure fait souffler le vent du Grand Nord, où ils ont capté des sons pour leur dernier album. Les quelques gouttes de pluie qui se mirent à tomber au milieu du concert semblaient d’ailleurs faire partie du spectacle. Leur musique ample et ambitieuse, riche en synthés, passe plutôt bien l’épreuve de la scène, grâce à un large effectif, à la voix féerique de la claviériste, à la classe et la fantaisie du chanteur, en costume blanc cassé et nœud pap’. Aux deux tiers du concert, il fait ainsi passer dans le public une boîte en carton dans laquelle chacun est invité à laisser un souvenir, à destination des spectateurs de leur prochain concert. Bon esprit.

 Efterklang 2

Efterklang

On quitte Efterklang sur un dernier morceau superbe et planant pour courir vers l’autre scène ou les Allah-Las présentent les titres de leur premier album. Ce n’est pas tout à fait “all killer, no filler” (les deux ou trois instrumentaux sont un peu anecdotiques), mais les Californiens montrent quand même un indéniable talent pour écrire des morceaux accrocheurs, dans une veine très sixties West Coast. A tel point qu’à chaque intro, on croit à une reprise d’un classique de l’époque, un peu comme avec les Sneetches dans les années 80… C’est à la fois la force et la limite du groupe, dont on ne peut nier toutefois la coolitude absolue.

 Allah-Las

Programmer Godspeed You! Black Emperor était un pari risqué, mais qui s’est finalement révélé payant. Rare en festival, le collectif montréalais avait imposé ses exigences : une très longue balance, la possibilité de projeter du super-8 en fond de scène, celle-ci plongée dans une semi-obscurité. Conditions sine qua non pour vraiment apprécier un concert du groupe, même s’il est toujours préférable de le voir en salle (où il joue plus qu’une heure et demie). Si l’on accepte de s’abandonner à la puissance de la musique, à ce continuum sonore à la tension constante, l’effet produit est en tout cas saisissant, et difficile à traduire en mots. Une expérience unique, totalement à part.

Habitué du festival, Etienne Jaumet revenait cette année avec Zombie Zombie dans une formation en trio. Cosmic Neman se retrouvait en effet face à face avec un second batteur, tous deux à l'avant de la scène et de profil par rapport au public. Un jeu de miroirs rythmique assez fascinant, soutenant les embardées analogiques du sorcier des claviers qui retrouvait par moments son autre instrument de prédilection, le saxophone. Cinquante minutes en apesanteur. (V.A.)

Zombie Zombie

Parfois, l'abandon a du bon. Eloigné d'une bonne centaine de mètres de la scène sur laquelle Zombie Zombie se démène, en raison du problème d'accessibilité déjà évoqué par Vincent, c'est avec plaisir que je vais me placer à 10 mètres de la grande scène, au milieu de quelques fans de Bass Drum of Death, l'un des groupes que j'ai le plus écoutés pour me mettre en jambes avant cette édition. Et le trio originaire du Mississippi ne tarde pas à justifier sur scène tout le bien que je pensais de lui. La voix de John Barrett est parfaitement en place et les brûlots s'enchaînent à grande vitesse, laissant à peine au public, entre deux sauts, le temps de retomber sur la terre maltraitée du Fort. Pas de révolution à attendre de la musique de BDOD, mais un véritable talent pour l'écriture de mélodies entêtantes à ne surtout pas négliger, comme le prouvent les titres "Crawling After You" et "Shattered Me", joués en fin de set. (J.D.)

 Bass Drum of Death

 

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