The National - Interview

10/05/2010, par | Interviews |
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Trois ans après le très acclamé "Boxer", "High Violet" est sans doute l'un des albums les plus attendus de l'année, aux côtés de "Teen Dream" de Beach House. Quelques semaines avant la sortie de ce Lp protéiforme, la tête pensante de The National (Matt Berninger) accompagnée de l'un des frères Dessner (Aaron), nous raconte comment cet opus a été engendré - dans la douleur. Entretien avec deux barbus graves et chaleureux.

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Le titre "High Violet" est assez énigmatique ; que signifie-t-il pour vous ?
Matt Berninger : Ce nom n'a pas un sens déterminé. Il nous est venu de façon assez évidente vers la fin. On voulait un titre qui ne déflore pas le contenu de l'album, et, pour changer un peu, on voulait éviter d'avoir un titre en un seul mot. Or le mot "High" apparaît souvent dans le disque. Cela renvoie à un état d'esprit. Quant à "Violet"... Je ne sais pas trop, le titre signifie de nombreuses choses maintenant, et je commence à comprendre toutes les raisons qui nous ont fait opter pour ce titre, qui est, en tous cas, ouvert à toutes les interprétations.

De quoi parle l'album ?
MB : D'états d'esprit. Chaque chanson explore un sentiment : la paranoïa, l'amour, la tristesse, la luxure, la confusion. Même musicalement, l'album est un grouillement étrange de pensées. C'est là que réside sans doute son unité.

"High Violet" est un album bien plus complexe du point de vue instrumental que "Boxer" : on y entend de nombreuses épaisseurs de sons, avec une orchestration riche. Comment expliquez-vous ce changement ? Est-ce une conséquence des collaborations que vous avez menées entre temps ?
MB : C'est en partie vrai. Mais cette richesse de son est essentiellement liée aux conditions d'enregistrement. Avec l'argent que nous a donné le label, nous avons choisi de construire un studio dans mon garage, et c'est là que nous avons enregistré "High Violet". Du coup, nous n'avions pas les contraintes de temps habituelles. Il nous faut toujours beaucoup de temps pour parvenir à un résultat satisfaisant : nous partons de brouillons que nous retravaillons jusqu'à la dernière minute.
Aaron Dessner : Ce qui mécontente parfois le label, puisque cette fois nous avons dépassé la deadline... Mais nous savons que nos chansons restent gravées sur le disque, là où tout le monde aura bientôt oublié la deadline dépassée.
MB : Nous avons aussi fait le choix d'une esthétique différente, avec des sons plus expérimentaux et une orchestration sombre. Je ne sais pas trop comment c'est arrivé, mais c'est une bonne chose. C'est notre version de My Bloody Valentine.
AD : Il y a un équilibre entre des sons sales et des harmonies plus raffinées. Entrelacer tout cela n'a pas été une mince affaire, mais c'est ce contraste qui fait que le résultat est satisfaisant.

Ce disque comprend une large palette d'instruments : des trombones, des violoncelles, une clarinette... Qui avez-vous invité pour enrichir les arrangements ?
MB : Comme nous avons fait plusieurs collaborations musicales, nous connaissons de très bons musiciens. Et rien qu'à Brooklyn, nous sommes en relation avec six excellents trombonistes... Nous avons donc invité ces gens à venir dans notre studio fraîchement construit. En tournée, il y aura Padma (ndr : Padma Newsome, violoniste au sein du groupe Clogs, avec Bryce Dessner) ainsi que quelques autres musiciens.

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